La mer vendéenne se réchauffe. L’été 2026 a battu son record
En une génération, la mer côtière vendéenne a gagné 0,8 °C et quatre fois plus de jours de vague de chaleur marine. L’été 2026 bat l’ancien record de près d’un degré.

En une génération, la mer qui borde la Vendée s’est nettement réchauffée. La hausse se lit dans la moyenne annuelle, dans la saison où l’eau dépasse 18 °C et dans la multiplication des vagues de chaleur marine. L’été 2026 est le plus chaud depuis le début de la série, en 1982.
Explorer 45 ans de mer, semaine par semaine ↓La mer se réchauffe-t-elle au large de la Vendée, et à quelle vitesse ? Pour répondre sans s’en remettre aux impressions d’un été, nous avons repris la série de référence de la NOAA, l’agence américaine chargée de l’océan et de l’atmosphère. Elle estime chaque jour la température de surface de la mer depuis le 1er janvier 1982, en combinant satellites, navires et bouées sur une grille de 25 km environ.
Nous avons retenu les neuf cellules de cette grille qui touchent le territoire vendéen, de Noirmoutier à La Tranche-sur-Mer, et quatre cellules plus au large pour comparaison. Il s’agit de la surface de la mer côtière, pas de l’eau mesurée au bord d’une plage, qui varie davantage avec la marée et la profondeur.
Huit dixièmes de degré, en une génération
Sur la côte vendéenne, la température moyenne de la mer est passée de 13,8 °C sur 1982–1991 à 14,6 °C sur 2016–2025. Sur l’ensemble des années complètes, la tendance atteint +0,23 °C par décennie, avec une marge d’incertitude de ± 0,08 °C.
Le chiffre peut sembler modeste. Mais une moyenne annuelle de la mer bouge très peu : entre l’année complète la plus fraîche de la série, 1986, et la plus chaude, 2014, l’écart ne dépasse pas 1,9 °C. Les cinq années complètes les plus chaudes sont 2003, 2014, 2020, 2023 et 2025.
Le calendrier ci-dessous montre ce glissement. Chaque ligne est une année, chaque case une semaine, colorée selon son écart à la normale de 1982–2011. Les années 1980 restent dominées par le bleu. Le corail gagne la dernière décennie, puis presque toute l’année 2026.
Une ligne par année. La chaleur gagne le bas du tableau.
Chaque case résume une semaine de température de surface au large de la Vendée. Par défaut, la couleur indique l’écart à la normale 1982–2011 de la même semaine : le bleu signale une mer plus fraîche qu’autrefois, le corail une mer plus chaude.
Les 9 cellules marines qui touchent le territoire vendéen, de Noirmoutier à La Tranche-sur-Mer.
En 2026, jusqu’à la fin de la série : 123 jours à 18 °C ou plus et 207 jours de vague de chaleur marine.
Survolez ou touchez une case. Au clavier, placez-vous sur le calendrier puis utilisez les flèches ; Début et Fin vont aux extrémités de l’année. Sur téléphone, le calendrier pivote : une colonne par année, une ligne par semaine.
Moyennes hebdomadaires de cellules de 25 km environ, et non température mesurée sur une plage. La dernière semaine de l’année compte huit jours ; le 29 février est rattaché au 28.
Lire les valeurs année par année (Côte vendéenne)
| Année | Moyenne | Écart | Jours ≥ 18 °C | Vague de chaleur |
|---|---|---|---|---|
| 1982 | 14,0 °C | −0,1 °C | 66 | 0 j |
| 1983 | 13,9 °C | −0,2 °C | 56 | 38 j |
| 1984 | 13,3 °C | −0,8 °C | 35 | 0 j |
| 1985 | 13,6 °C | −0,5 °C | 59 | 0 j |
| 1986 | 13,3 °C | −0,9 °C | 22 | 0 j |
| 1987 | 13,7 °C | −0,4 °C | 76 | 23 j |
| 1988 | 14,2 °C | +0,1 °C | 43 | 18 j |
| 1989 | 14,1 °C | −0,1 °C | 59 | 15 j |
| 1990 | 14,4 °C | +0,3 °C | 47 | 73 j |
| 1991 | 14,0 °C | −0,2 °C | 72 | 9 j |
| 1992 | 13,9 °C | −0,2 °C | 68 | 13 j |
| 1993 | 13,8 °C | −0,3 °C | 24 | 46 j |
| 1994 | 14,4 °C | +0,3 °C | 78 | 6 j |
| 1995 | 14,5 °C | +0,4 °C | 64 | 20 j |
| 1996 | 13,8 °C | −0,3 °C | 41 | 0 j |
| 1997 | 14,6 °C | +0,5 °C | 97 | 58 j |
| 1998 | 14,2 °C | +0,1 °C | 33 | 11 j |
| 1999 | 14,7 °C | +0,6 °C | 87 | 36 j |
| 2000 | 14,2 °C | +0,1 °C | 69 | 0 j |
| 2001 | 14,2 °C | +0,1 °C | 64 | 27 j |
| 2002 | 13,6 °C | −0,5 °C | 8 | 0 j |
| 2003 | 14,8 °C | +0,7 °C | 103 | 47 j |
| 2004 | 14,4 °C | +0,3 °C | 83 | 28 j |
| 2005 | 14,3 °C | +0,2 °C | 80 | 29 j |
| 2006 | 14,6 °C | +0,5 °C | 114 | 106 j |
| 2007 | 14,3 °C | +0,2 °C | 49 | 70 j |
| 2008 | 14,2 °C | +0,1 °C | 86 | 27 j |
| 2009 | 14,0 °C | −0,2 °C | 72 | 10 j |
| 2010 | 13,6 °C | −0,5 °C | 62 | 5 j |
| 2011 | 14,6 °C | +0,5 °C | 73 | 93 j |
| 2012 | 14,2 °C | +0,1 °C | 62 | 16 j |
| 2013 | 13,9 °C | −0,2 °C | 76 | 30 j |
| 2014 | 15,2 °C | +1,1 °C | 108 | 126 j |
| 2015 | 14,5 °C | +0,4 °C | 66 | 43 j |
| 2016 | 14,4 °C | +0,3 °C | 83 | 11 j |
| 2017 | 14,4 °C | +0,3 °C | 83 | 65 j |
| 2018 | 14,3 °C | +0,2 °C | 87 | 68 j |
| 2019 | 14,4 °C | +0,3 °C | 75 | 39 j |
| 2020 | 15,1 °C | +1,0 °C | 99 | 128 j |
| 2021 | 14,4 °C | +0,3 °C | 104 | 42 j |
| 2022 | 14,7 °C | +0,6 °C | 94 | 90 j |
| 2023 | 15,1 °C | +1,0 °C | 140 | 100 j |
| 2024 | 14,7 °C | +0,6 °C | 65 | 96 j |
| 2025 | 15,0 °C | +0,9 °C | 119 | 77 j |
| 2026 (partielle) | — | +2,0 °C | 123 | 207 j |
Source : Température quotidienne de surface de la mer, grille de 0,25° (OISST v2.1) — 28 cellules au large de la Vendée, 1982–2026
L’eau à 18 °C arrive trois semaines plus tôt
Pour suivre la saison chaude, nous comptons les jours où la mer côtière atteint au moins 18 °C. Ce seuil sert de repère de lecture : il ne s’agit ni d’une norme sanitaire, ni d’un seuil de confort. Ces jours sont passés de 53,5 par an en 1982–1991 à 94,9 par an en 2016–2025.
La saison s’ouvre surtout plus tôt. Dans les années 1980, le premier jour à 18 °C tombait en général vers le 28 juin. Sur la dernière décennie, la date médiane est le 9 juin. La fin recule moins : du 16 septembre au 24 septembre, en médiane. Le réchauffement du printemps marin compte donc davantage que celui de l’arrière-saison.
Une année isolée peut encore contredire la tendance. En 2024, la mer n’a atteint 18 °C que pendant 65 jours, le total le plus faible depuis 2012. Le début d’année 2024 avait pourtant connu une longue vague de chaleur marine : chaleur et fraîcheur peuvent se succéder la même année.
Des vagues de chaleur marine devenues fréquentes
Une vague de chaleur marine désigne au moins cinq jours consécutifs au-dessus des valeurs habituellement observées à cette période de l’année. Le seuil retenu est le 90e centile de 1982–2011, selon la définition de référence proposée par Hobday et ses coauteurs en 2016. Elle peut donc survenir en hiver comme en été.
Sur la côte vendéenne, on comptait 1,7 épisode par an en moyenne en 1982–1991, pour 17,6 jours. En 2016–2025, on en compte 4,2 par an, qui couvrent 71,6 jours : la durée cumulée a été multipliée par quatre.
À l’échelle mondiale, le GIEC estime que la fréquence des vagues de chaleur marine a environ doublé depuis les années 1980. Il juge aussi très probable que l’influence humaine a contribué à la plupart d’entre elles depuis au moins 2006. Le nombre d’épisodes observé au large de la Vendée a été multiplié par 2,5, un ordre de grandeur comparable. Nos calculs, propres à cette côte, ne constituent pas une étude d’attribution.
Source : Climate Change 2021 : The Physical Science Basis — résumé pour décideurs (AR6, groupe I)
Trois mesures, une même pente.
Chaque barre représente une année complète. La moyenne annuelle, la durée de l’eau à 18 °C ou plus et les vagues de chaleur marine racontent le même déplacement, avec des années qui s’écartent de la tendance.
Écart à la normale 1982–2011
Moyenne annuelle, en °C ; tirets : tendance linéaire (+0,23 °C par décennie).
Jours à 18 °C ou plus
Par an ; trait plein : moyenne par décennie, puis 2022–2025.
Jours de vague de chaleur marine
Par an, au-dessus du 90e centile 1982–2011 pendant 5 jours ou plus.
Lire les moyennes par période
| Période | Écart moyen | Jours ≥ 18 °C | Vague de chaleur |
|---|---|---|---|
| 1982–1991 | −0,3 °C | 53,5 | 17,6 j |
| 1992–2001 | +0,1 °C | 62,5 | 21,7 j |
| 2002–2011 | +0,1 °C | 73,0 | 41,5 j |
| 2012–2021 | +0,4 °C | 84,3 | 56,8 j |
| 2022–2025 | +0,8 °C | 104,5 | 90,8 j |
Source : Température quotidienne de surface de la mer, grille de 0,25° (OISST v2.1) — 28 cellules au large de la Vendée, 1982–2026
Source : A hierarchical approach to defining marine heatwaves (Progress in Oceanography, 141, 2016)
2026, une année hors normes
L’année en cours n’entre dans aucune tendance, car elle n’est pas terminée. Les données disponibles jusqu’au 24 septembre 2026 montrent pourtant une situation sans précédent dans la série.
Depuis le 22 février 2026, la côte vendéenne a presque toujours été en vague de chaleur marine : un épisode de 82 jours jusqu’au 14 mai 2026, puis un autre depuis le 23 mai 2026, toujours en cours à la fin de la série, soit 125 jours. Au total, 207 jours, contre 128 pour la pire année complète, 2020.
L’été 2026 (juin à août) affiche une moyenne de 20,7 °C. Le précédent record, 2003, s’établissait à 19,8 °C, et la moyenne des étés 1982–1991 à 17,6 °C.
Du 1er janvier au 24 septembre, l’écart à la normale atteint +2,0 °C. Sur la même période, la deuxième année la plus chaude, 2020, ne dépassait pas +1,3 °C.
Le 24 juin 2026, la moyenne côtière a atteint 23,85 °C, soit 6,7 °C de plus que la normale de ce jour. Une valeur quotidienne isolée, issue d’une analyse interpolée, reste moins robuste qu’une moyenne saisonnière.
Ces valeurs récentes restent provisoires : la NOAA peut réviser les données de moins de quinze jours, que nous avons exclues, et nous mettrons ces chiffres à jour à la fin de l’année.
Ce que les moyennes cachent
Le large se réchauffe plus vite que la côte. À une quarantaine de kilomètres des îles, la tendance atteint +0,32 °C par décennie, contre +0,23 °C sur la côte. Les jours de vague de chaleur marine y sont passés de 10,7 à 103,7 par an. Près du rivage, la mer est aussi plus fraîche en hiver : 10,1 °C à la mi-janvier selon la normale 1982–2011, contre 11,1 °C au large.
L’hiver côtier n’a presque pas bougé. Le réchauffement de la côte se concentre d’avril à novembre : +0,5 °C par décennie en juin, +0,4 °C en avril. En décembre, janvier et février, la tendance reste proche de zéro (+0,0, −0,1 et +0,1 °C par décennie), alors que la mer du large se réchauffe aussi en hiver (+0,2 °C en janvier). Des eaux peu profondes, qui échangent vite leur chaleur avec l’air, et l’eau douce des fleuves pourraient l’expliquer. Ces données ne permettent pas de le démontrer.
Le réchauffement n’a pas la même saison partout.
Tendance de la température moyenne de chaque mois, en °C par décennie, pour la côte vendéenne et pour la mer au large, à plus de 50 km du continent.
- −0,1Janv.janvier : côte −0,1 °C par décennie, large +0,2 °C par décennie.
- +0,1Févr.février : côte +0,1 °C par décennie, large +0,2 °C par décennie.
- +0,2Marsmars : côte +0,2 °C par décennie, large +0,2 °C par décennie.
- +0,4Avr.avril : côte +0,4 °C par décennie, large +0,4 °C par décennie.
- +0,3Maimai : côte +0,3 °C par décennie, large +0,4 °C par décennie.
- +0,5Juinjuin : côte +0,5 °C par décennie, large +0,5 °C par décennie.
- +0,2Juil.juillet : côte +0,2 °C par décennie, large +0,3 °C par décennie.
- +0,2Aoûtaoût : côte +0,2 °C par décennie, large +0,3 °C par décennie.
- +0,3Sept.septembre : côte +0,3 °C par décennie, large +0,4 °C par décennie.
- +0,3Oct.octobre : côte +0,3 °C par décennie, large +0,4 °C par décennie.
- +0,3Nov.novembre : côte +0,3 °C par décennie, large +0,4 °C par décennie.
- 0,0Déc.décembre : côte 0,0 °C par décennie, large +0,3 °C par décennie.
Valeur affichée : la côte. Une barre plus grande signifie un réchauffement plus rapide du mois, pas une eau plus chaude ; une tendance nulle ou négative apparaît comme un simple trait.
Lire les tendances et les moyennes mensuelles
| Mois | Côte | Large | Côte 1982–1991 | Côte 2016–2025 |
|---|---|---|---|---|
| janvier | −0,1 | +0,2 | 10,0 | 9,9 |
| février | +0,1 | +0,2 | 9,3 | 9,7 |
| mars | +0,2 | +0,2 | 9,8 | 10,6 |
| avril | +0,4 | +0,4 | 11,4 | 12,7 |
| mai | +0,3 | +0,4 | 13,8 | 15,0 |
| juin | +0,5 | +0,5 | 16,1 | 18,0 |
| juillet | +0,2 | +0,3 | 18,3 | 19,2 |
| août | +0,2 | +0,3 | 18,5 | 19,4 |
| septembre | +0,3 | +0,4 | 17,6 | 18,4 |
| octobre | +0,3 | +0,4 | 15,8 | 16,8 |
| novembre | +0,3 | +0,4 | 13,7 | 14,4 |
| décembre | 0,0 | +0,3 | 11,4 | 11,4 |
Source : Température quotidienne de surface de la mer, grille de 0,25° (OISST v2.1) — 28 cellules au large de la Vendée, 1982–2026
La côte ne se réchauffe pas partout au même rythme. Face à Jard et La Tranche-sur-Mer, la tendance est la plus faible (+0,19 °C par décennie). Autour de l’île d’Yeu, plus exposée au large, elle atteint +0,28 °C. Toutes les zones se réchauffent ; aucune n’échappe à la hausse des vagues de chaleur marine.
Une année fraîche ne dément pas la tendance. Les dernières années restées sous la normale 1982–2011 sont 2009 (−0,2 °C), 2010 (−0,5 °C) et 2013 (−0,2 °C). Depuis 2014, toutes les années complètes la dépassent. D’autres années fraîches pourront survenir ; ce qui change, c’est leur rareté face aux années chaudes.
Ce que ces données ne disent pas
Elles décrivent la température de surface, cellule par cellule. Elles ne mesurent ni la température au bord d’une plage, ni la qualité des eaux de baignade (voir notre analyse sur les plages Pavillon Bleu), ni les effets sur la pêche, les cultures marines ou les espèces. Une eau plus chaude peut peser sur ces activités, mais aucun de ces effets n’est évalué ici.
Elles n’établissent pas non plus, à elles seules, la cause du réchauffement local. Le GIEC juge « pratiquement certain » que l’océan superficiel mondial s’est réchauffé depuis les années 1970. Il juge « extrêmement probable » que l’influence humaine en soit le principal moteur. Les mesures vendéennes s’inscrivent dans ce constat global, sans calcul d’attribution propre à la Vendée. Pour le climat vu depuis la terre, notre analyse de la Côte de Lumière compare soleil, pluie et chaleur.
Source : Climate Change 2021 : The Physical Science Basis — résumé pour décideurs (AR6, groupe I)
Sources et méthode
Données : analyse quotidienne NOAA OISST version 2.1, du 1er janvier 1982 au 24 septembre 2026, extraite des fichiers annuels de NOAA PSL pour 28 cellules de 0,25° au large de la Vendée. Chaque zone est la moyenne à poids égaux de ses cellules. La côte regroupe les neuf cellules marines qui contiennent une partie du territoire vendéen : le contrôle recalcule cette sélection à partir des contours des communes.
La normale est calculée sur 1982–2011, jour par jour : fenêtre de 11 jours, lissage sur 31 jours. Une période de référence plus récente réduirait les écarts affichés. Les tendances portent sur les années complètes 1982–2025, avec deux erreurs types comme marge d’incertitude ; elles résument 44 ans sans décrire une éventuelle accélération. Les vagues de chaleur marine suivent Hobday et al. (2016).
Un contrôle automatique recalcule depuis le fichier publié les moyennes, la tendance, les jours à 18 °C, les records et les vagues de chaleur marine cités dans cet article.
Télécharger la série quotidienne par zone · Les indicateurs annuels · Méthode complète et limites · Toutes les données ouvertes.


